L’appel du 18 juin 1940 du général de Gaulle "demeure aujourd’hui encore, un acte fondateur dans l’Histoire de notre pays" a affirmé l’ambassadeur de France Jean Pierre Asvazadourian à l’occasion du 70ème anniversaire de cet évènement historique.
17 juin 1942 - Le maréchal Pétain appelle à cesser le combat et demande l'armistice. Daniel Cordin, juste 19 ans à l'époque se remémore, sur France 2, en avoir pleuré de rage en l’écoutant. Avec 16 compagnons ils se précipitent au port de Bayonne où le 21 juin ils montent sur un cargo belge avec l'intention de rejoindre les troupes françaises en Afrique du Nord. Mais, entre-temps ils ont eu vent d'un général français qui a lancé un appel depuis Londres... ce sera donc leur destination. Daniel Courdi organisera le 1er Etat Major français près du chef de la résistance, Jean Moulin.
Mais qu’en était-il de l’état d’esprit du général de Gaulle, à peine arrivé à Londres, en écoutant ce message de reddition ? Canal Académie (*) dans un entretien avec Pierre Mazeaud, de l’Académie des sciences morales et politiques, président de la Fondation Charles de Gaulle, évoque cette page de l’histoire : "le Général va rompre officiellement les amarres de la légitimité politique et militaire. Par la vertu de quelques mots à la BBC le 18 juin, il relèvera la France de la honte de la débâcle du printemps 40."
"En 40, réfugié à Cholet depuis la veille, ce 18 juin, surtout vu mon âge, juste 8 ans, je n'ai pas entendu ce fameux appel et personne n'en parlait. Par la suite, rentré à Rouen après l'exode, j'y ai passé quatre ans d'occupation. J'ai été à l'école, on a été bombardé sans arrêt, on crevait de faim, de froid, on faisait la queue tout le temps pour recevoir très peu de nourriture, pas de charbon, peu d'électricité, toujours malades sauf au beau temps. On tenait bon, on écoutait la BBC tous les soirs en cachette et ce qui certainement nous aidait à survivre c'était pour mon père et moi, l'espoir en De Gaulle, et qu'un jour nous serions libérés." Témoigne Pierre Louis, un Français installé depuis de longues années en Argentine.
Même non écouté, le message du 18 juin avait forgé la conviction que la France avait bien perdu une bataille, mais non pas la guerre …
Commémoration à Buenos Aires
A Buenos Aires, l’ambassadeur de France Jean-Pierre Asvazadourian a commémoré l’évènement en réunissant à l’ambassade, les membres de l’Union française des anciens combattants et bon nombre d’officiers et marins de la frégate ‘Chevalier Paul’ de passage è Buenos Aires. Il a particulièrement remercié l’Amiral Bertrand Pastré et le capitaine de vaisseau Hervé Boy qui avaient organisé, tôt le matin, une prise d’armes haute en couleur sur ce bâtiment, l’un des plus modernes de la marine française.
Puis l’ambassadeur s’est tourné vers Michel Iriart qui, avec André de Ganay, avaient répondu depuis Buenos Aires à l’appel du général de Gaulle pour leur remettre le diplôme d’honneur aux combattants de l’armée française pour la période 1939-1945. Michel Iriart (90 ans) très ému - ainsi que sa femme Elène – se trouvait très affecté par la mort subite de son fils, le capitaine de frégate (RE) Miguel Iriart, survenue voici à peine quinze jours. Montrant un courage et une force hors pair, il a, la voix enrouée, remercié tous les assistants pour les nombreuses marques d’amitié qui lui avaient été manifestées, et souhaité à l’équipage du Chevalier Paul le plus grand des succès dans la carrière navale. Suzanne Thiais – lacedillecom.ar - le mardi 22 juin 2010
(*) Canal Académie, 'Le 17 juin 1940 : le général de Gaulle va franchir le Rubicon' écouter et lire
*Le 70ème anniversaire de l’appel du général de Gaulle a été célébré officiellement le vendredi 18 juin à Londres, au Carlton Garden, en présence du Président de la République Française Nicolas Sarkozy et du premier Ministre britannique David Cameron.