Sistemas, Acciones y Procesos. 1965-1975

Disposées dans quatre salles du Proa, plus de cent œuvres sud américaines et internationales réalisées pendant la décennie 1965-1975 sont exposées. Le contexte politique et intellectuel explique l’émergence d’une nouvelle « attitude » artistique dans les 60′s. Cette époque est marquée par un foisonnement intellectuel avec le structuralisme et le neo-marxisme à la Louis Althusser.

Les travaux de Michel Foucault démontrent l’existence de structures de pensée commune propre à chaque époque (« Epistémé »). Quant à Levi-Strauss, il s’éloigne de l’occident pour retrouver les « structures invariantes », les règles et interdits partagées par chaque société. Comme nous l’observons dans l’exposition, la pensée de système s’installe aussi dans l’art. Lawrence Alloway définie le ‘système’ comme « un tout organisé, dont les parties manifestent certaines régularités ». Mouvements, formes et obsession de la trilogie reviennent donc cycliquement.

* Art cognitif

Les œuvres sont conceptuelles, marquées par la réflexion sur la dialectique entre nature et culture, et influencées par les sciences mathématiques. À travers l’étude de la société par l’esprit de système, les œuvres transmettent les idées d’arbitraire, d’asymétrie et de déconstruction. L’exposition dresse un panorama des différents courants de l’époque : conceptualisme, minimalisme, pop, abstraction excentrique, art des systèmes et arte povera. Insatisfaite par les productions de la période, le mouvement de 1965-1975 expérimente, en témoignent les nombreux supports utilisés : peinture, photo, installation électronique loufoque, vidéo, sculpture, dessin, pomme de terre…
Comme fil conducteur, on peut se remémorer tout au long de l’exposition la pensée d’Oscar Masotta : « Les difficultés de l’art actuel résident moins dans la recherche d’un nouveau contenu que dans la quête de « moyens » de transmettre ces contenus ».

* Art engagé

S’il est question de systèmes, c’est aussi que les artistes s’y opposent. Les mouvements de contestation sont centraux dans les années 1960, a l’instar de la « beat génération », cette jeunesse américaine qui manifeste contre la guerre du Vietnam ou pour que les droits civiques soient accordés aux noirs. Ce faisant, les artistes revendiquent des positions politiques fortes, voire révolutionnaires. Des toiles affichent des messages contestataires envers les dictatures d’Amérique du Sud. Sur des bouteilles de coca – symbole du conformisme – sont gravées des inscriptions comme « Quelle est la place de l’art ? » ou contre l’hégémonie américaine (Cildo Meireles). D’une machine à écrire sortent des flammes plutôt que du papier, l’écriture ayant souvent des répercussions dévastatrices…

Il est conseillé de faire la visite avec un guide pour ne pas rester coi devant tant d’abstraction… Et si vous n’adhérez pas au slogan de Germano Celant : « la cohérence est un dogme qu’il faut briser », l’exposition ne sera pas pour vous un moment de plaisir…

Maxime Rousseau
maxime.rousseau@lacedille.com.ar

* Horaires : du mardi au dimanche, de 11h à 19h. Fermé le lundi
Visites guidées : du mardi au vendredi à 17h ; le samedi et dimanche à 15h et 17h
Tous les samedis à 17h, Artistas + Crìticos, le cycle de visites guidées par des spécialistes ou des artistes pour mieux aborder les oeuvres exposées
Gratuit le mardi pour les étudiants et les enseignants
Un audio-guide sur l’exposition est à télécharger gratuitement en mp3
ici
Jeudi 25 et vendredi 26 août, colloque international ‘Sistemas, Acciones y Procesos. 1965 – 1975′. Philosophes, historiens, chercheurs et artistes se rassembleront pour approfondir les problématiques de l’exposition. Conditions pour s’inscrire sur www.proa.org à partir du 1er aout

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